La Datcha de Maksym Zorin : un nouveau restaurant de cuisine fine à Oberkampf

Trouver une maison de campagne dans le trépidant quartier d’Oberkampf, dans le 11ème arrondissement, c’est surprenant. Encore plus s’il s’agit de la vision fantasmée d’une datcha par un jeune chef aux origines ukrainiennes ! Mais comme nous sommes dans la rue Jean-Pierre Timbaud, où les concepts foodies du monde entier et les restaurants de Paris pullulent, tout prend finalement sens…

 

La Datcha, c’est donc le rêve concrétisé de Maksym Zorin, un jeune chef à peine trentenaire qui ouvre ici son premier restaurant à Paris après avoir fait ses classes dans de belles maisons : Le Meurice, Allard, Ducasse sur Seine… S’il a voulu créer une maison de campagne en plein Paris, sa vision du refuge du week-end est plutôt moderne. La décoration n’a donc rien de campagnarde et les murs aux effets décrépis et industriels, les lumières chaudes, la bande son groovie ou encore les assiettes design ne vous donneront pas l’impression de passer la soirée chez votre grand-mère de Montluçon ! Nous sommes au cœur d’un quartier débordant de jeunes adresses satisfaisant toutes les faims, cette datcha ne détonne donc pas et s’avère être une très belle adresse pour un dîner en amoureux autant que pour une grande tablée d’amis.

 

Né en Ukraine et de nationalité française, Maksym Zorin est plutôt du genre réservé. Derrière le comptoir de la cuisine ouverte sur la salle, pas d’agitation pour ce grand garçon qui semble être d’un sang froid à toute épreuve, même pendant le coup de chaud quand il faut envoyer des assiettes sur les nombreuses tables réparties sur les deux étages de ce restaurant largement ouvert sur la rue. Ayant fait tout son apprentissage dans les adresses du groupe Ducasse, il maîtrise parfaitement les codes de la grande cuisine française. Les sauces, en particulier, sont importantes pour lui. Et ce ne sont pas les gourmands habitués à saucer qui vont le lui reprocher ! 

 

Sa cuisine est donc française sur ses bases. Avec quelques petites touches d’exotisme. Mais ne comptez pas vous goinfrer de goulasch dans cette Datcha. Ici la cuisine est raffinée et joliment construite. La carte change très régulièrement mais on y trouve, par exemple, de très ludiques œufs à la coque dans lesquels on puise du houmous de betterave, une émulsion de vin jaune ou des fèves avec une diabolique mouillette feuilletée du pâtissier maison qui est sacrément doué (et qui n’hésites pas à servir les plats en début de service plutôt que d’attendre en cuisine d’entrer en scène quand les clients passeront aux desserts !). On retrouve avec plaisir ses créations au terme du repas : le mille-feuille monté à la minute se présente comme un petit cube rempli de crème à la vanille et noisettes, le chocolat est entouré de grué de cacao, la rhubarbe accompagnée de fraises, on est ici dans la grande tradition des desserts « à la française ». Et c’est idem côté plats puisque l’on trouve aussi bien des ris de veau (asperges blanches, fèves, panais, épinard), du bar (chou rouge, rutabaga, pommes Granny Smith…) ou une volaille du Gâtinais (gnocchis de patate douce). Bref, dans la Datcha de Maksym Zorin, c’est bien la gastronomie française qui est à l’honneur. Et ce jeune chef qui ne manque pas de talent apporte une touche de gastronomie à ce quartier toujours en mouvement…

 

Côté tarifs comptez 18 à 21 euros pour les entrées, 27 à 45 euros pour les plats et une quinzaine d’euros pour les desserts.

 

 

La Datcha

62 rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris

 

Par Ludovic Bischoff