Top 7 des meilleurs restaurants de pâtes à Paris

Exit les spaghetti trop cuits et la sauce en bocal : à Paris, les restaurants de pâtes misent sur le fait maison, parfois jusqu’à la farine. Tripes romaines et pigeon pour deux, agnolotti piémontais au bord d’une fontaine, tortellini d’Émilie-Romagne, blé sicilien passé à la meule : voici sept adresses où l’on s’attable pour l’assiette et où l’on revient pour l’ambiance. Sept tables, sept Italies. Andiamo ! 
 
  1. Passerini | La table romaine qui fait référence dans le 12e

On attaque par le plus couru. Chez Passerini, dans le quartier d’Aligre, on dîne derrière de grandes baies vitrées, l’œil sur la cuisine ouverte, où la brigade du Romain Giovanni Passerini travaille une carte qui bouge au gré du marché. Les pâtes, faites chaque jour sur place, suivent les saisons, des linguine au merlan mariné, fenouil et câpres aux ravioli épinards, sauge et ricotta. Seule constante, la trippa alla romana (des tripes à la romaine), plat signature jamais retiré de la carte. Le guide 50 Top Italy a même placé Passerini en tête de son classement mondial des tables italiennes hors d’Italie en 2019, rien que ça. 

Le soir, on vient à deux pour les plats à partager, comme ce pigeon entier servi en deux temps ou l’agneau de lait Manech tête noire. Bonne nouvelle pour les déjeuners de semaine : la formule entrée-pâtes démarre à 34 euros. Et pour prolonger ? Le Pastificio, la boutique attenante, vend ravioli, lasagnes et pâtes fraîches à emporter, tandis que Passerina, la cave à manger d’en face, sert dès 18 heures des assiettes à picorer et des pâtes maison à la volée, sans réservation. 

Passerini 
65 rue Traversière, Paris 12e 
Déjeuner du mercredi au vendredi, dîner du mardi au samedi ; formules déjeuner de 34 à 52 euros 
Réservation en ligne ou par téléphone, jamais pendant le service 

© Passerini
  1. L’Assaggio – Hôtel Castille Paris | Les pâtes piémontaises d’Ugo Alciati, côté patio

Le clapotis d’une fontaine, des fresques en trompe-l’œil, une verrière qui adoucit la lumière : à deux pas de la place Vendôme, le patio de l’hôtel Castille a des airs de cour florentine. La carte, elle, vient tout droit du Piémont. Elle porte depuis juin 2017 la signature d’Ugo Alciati, chef-patron étoilé du Guido Ristorante, à Serralunga d’Alba, et inventeur de Lait, ses glaciers où le gelato au lait est turbiné à la minute. Sélectionné par le Guide MICHELIN 2026, L’Assaggio fait partie de ces rares restaurants italiens de Paris où l’on goûte la cuisine d’une table étoilée des Langhe sans prendre l’avion pour Turin. La philosophie d’Alciati tient en une ligne : mieux vaut enlever qu’ajouter. 

Côté pâtes, on commence par les agnolotti di Mamma Lidia, hommage à Lidia Alciati, la mère du chef, servis sans sauce sur une serviette, comme le veut la tradition piémontaise. On poursuit avec le spaghettone au homard, citron jaune râpé, tomates confites et œufs de truite. Avec ses pâtes fraîches maison et ses recettes de famille, L’Assaggio compte parmi les meilleurs restaurants de pâtes de Paris. Le dimanche, changement de rythme : le Pranzo della Domenica transpose rue Cambon le long déjeuner dominical de la Botte, en menu unique de 12 h 30 à 16 h, avec un menu enfant pour les moins de 12 ans. Au dessert ? Le tiramisu, évidemment, ou une glace fior di latte au caramel beurre salé. 

L’Assaggio – Hôtel Castille Paris 
33-37 rue Cambon, Paris 1er 
Ouvert tous les jours, de 12 h 30 à 22 h 30 ; à la carte, compter 45 à 110 euros 
Pranzo della Domenica le dimanche, 70 euros (45 euros enfant), café ou thé compris 

© L'Assagio
  1. Via Emilia | Tortellini et tigelle d’Émilie-Romagne à Saint-Georges

La Via Emilia, c’est la voie romaine qui relie Rimini à Plaisance à travers l’Émilie-Romagne, et c’est cette région qu’on goûte dans cette trattoria de poche du 9e. Murs rustiques, une dizaine de tables entre le rez-de-chaussée et le sous-sol, et un service qui détaille la carte plat par plat avant qu’on se décide. La pasta maison y arrive farcie, tortellini ricotta-pesto ou à la truffe, nappés d’un simple beurre qui laisse toute la place à la farce. 

Avis aux amateurs de charcuterie : on ouvre ici avec les tigelle, ces petits pains ronds émiliens cuits à la commande, puis garnis de mortadelle ou de crème de gorgonzola. Le guanciale à la ricotta fumée, lui, a ses inconditionnels. Un verre de lambrusco, pétillant et violacé, et l’on trinque comme à Modène. Rideau ? Le théâtre La Bruyère joue à 90 mètres. 

Via Emilia 
22 rue La Bruyère, Paris 9e 
Dîner du mardi au samedi ; compter 30 à 40 euros par personne 
Petite salle, réservation conseillée 

© Via Emilia
  1. Mulino Mulè | Le moulin à pâtes sicilien du 10e

18 couverts et une meule de pierre : chez Mulino Mulè, tout part du grain. Des blés anciens cultivés en Sicile, sur les terres de Marco Mulè, associé de Cédric Casanova (La Tête dans les Olives), moulus dans le restaurant même, puis transformés en casarecce, fusilli ou linguine. Au-dessus de la presse, les filières en bronze attendent leur tour, et les légumes s’empilent sur le comptoir. 

Dans l’assiette, la Sicile parle franc, des fusilli à la saucisse sicilienne jusqu’aux linguine et leurs boulettes, avec des involtini de veau pour les grandes faims. Mention spéciale pour la panna cotta à la pistache. Et en partant ? Les pâtes se rapportent aussi chez soi, en vrac, avec une focaccia vendue au poids. La place Sainte-Marthe, qui lui fait face, se charge de la balade digestive. 

Mulino Mulè 
25 rue Sainte-Marthe, Paris 10e 
Déjeuner du mardi au samedi, dîner du mercredi au samedi ; plats de 16 à 23 euros environ 
18 couverts, réservation indispensable 

© Mulino Mulè
  1. Al Caratello | Le QG transalpin des Abbesses

Cap sur Montmartre. Al Caratello y a si bien réussi qu’il a aujourd’hui deux cadets dans la même rue, Pizza Caratello pour la pizza et Piccolo Caratello pour manger sur le pouce. Nappes à carreaux, tons rouges et bougies allumées : la maison mère reste fidèle aux tablées à l’italienne, pendant que les serveurs slaloment entre les chaises. Au menu, gnocchi à la crème d’épinards, rigatoni forestiera au gorgonzola, au speck et à la crème de truffe, et ravioli que les habitués placent tout en haut de la liste. 

Clou de la soirée, les anniversaires : le sucré débarque avec bougie et cierge magique, et toute l’assistance se met à chanter (véridique !). La carte des vins fait la part belle à l’Italie, chianti en petite bouteille compris, pour qui ne veut pas finir le flacon. Et le Moulin Rouge est à cinq minutes à pied, pour enchaîner sur la revue. 

Al Caratello 
5 rue Audran, Paris 18e 
Tous les soirs, et le midi le week-end ; pâtes entre 13 et 16 euros environ 
Réservation conseillée 

© Al Caratello
  1. Sugo | La cantine à pasta fresca entre Opéra et Bourse

Au fond de la salle, la machine à pâtes tourne sous les yeux des clients. C’est elle qui façonne midi et soir une pasta fresca de semoule de blé dur bio italienne, sans œufs (lasagnes exceptées), d’où cette mâche ferme à laquelle la sauce s’agrippe. Logique, chez Sugo (« sauce », en italien). La carte d’Arthur Dumait, vice-champion de France de pasta fresca, se résume à cinq classiques, du cacio e pepe au pecorino romano affiné 18 mois au sugo de tomates de Sardaigne rôties quatre heures, en passant par le ragù de bœuf effiloché, plus une pâte du jour dictée par le semainier. 

Fun fact : avant d’ouvrir Sugo en 2023, Arthur Dumait avait ses habitudes chez Passerini. Briques jaunes, bois clair et grande table d’hôtes pour 12 convives font de ce restaurant du 2e arrondissement un repaire de copains, où l’apéro se prend au spritz ou au negroni. Depuis, Sugo a essaimé rue du Château-d’Eau en 2025, puis rue Saint-Honoré en août 2026 avec Sugo Osteria, terrasse comprise tout près du Louvre. 

Sugo 
16 rue Saint-Augustin, Paris 2e (aussi 29 bis rue du Château-d’Eau, Paris 10e, et 123 rue Saint-Honoré, Paris 1er) 
Tous les jours, midi et soir ; pâtes à partir de 14 euros environ 
Réservation en ligne conseillée 

© Sugo Osteria
  1. Dilia | Le refuge toscan de Ménilmontant

Silence, moteur, action : la placette de Ménilmontant où s’est installé Dilia, au pied de Notre-Dame-de-la-Croix, a même décroché un rôle dans Femme fatale, de Brian De Palma. À l’intérieur, parquet massif, lustre bas et bar en zinc pour une pièce minuscule, prolongée aux beaux jours par quelques tables dehors. Aux fourneaux, Michele Farnesi a baptisé l’adresse en contractant les prénoms de ses grands-parents, Dino et Ilia, et la voulait sympathique à son image, lui qui se dit « un peu bischero » (comprendre farfelu, en toscan). 

Au dîner, pas de carte mais une Carte Blanche, en six ou neuf passages, où les pâtes ont leur mot à dire. La preuve ? Des tortellini d’artichauts relevés de rhubarbe, de poutargue et d’un dashi de shiso, clin d’œil japonais inattendu en plein 20e. Les accords mets et vins font l’aller-retour entre l’Italie et la France. Bonus : le dimanche soir, quand la plupart des cuisines parisiennes ont fermé, Dilia reçoit encore. 

Dilia
1 rue d’Eupatoria, Paris 20e 
Déjeuner du jeudi au dimanche, dîner du jeudi au lundi ; Carte Blanche à 65 euros (six passages) ou 98 euros (neuf passages), formule déjeuner à 28 euros le jeudi et le vendredi 
Réservation conseillée 

Dilia © Marco Varoli