Restaurant Népita : Amandine Chaignot débarque à la Madeleine 

La cheffe Amandine Chaignot signe un quatrième restaurant à Paris. Après Pouliche, sa première et historique adresse ouverte en 2019, puis le Café de Luce à Montmartre et Rosy & Maria au sein de la maison de beauté Carita, c’est dans le quartier de la Madeleine que l’on peut désormais retrouver sa cuisine. 

Au rez-de-chaussée d’un nouveau boutique hôtel baptisé Florida, se niche donc Népita, un restaurant où elle propose une cuisine aux accents du sud. Secondée par Alice Caussil, une autre jeune cuisinière, elle a concocté une carte où l’on retrouve certains de ses plats signatures comme les tagliolini aux langoustines. Un plat simple et réconfortant. Mais un plat parfaitement réalisé, avec des langoustines délicatement cuites, presque encore translucides, aux saveurs délicates. Et c’est à ces détails que l’on reconnaît la signature d’une cheffe. Dans bien des brasseries parisiennes, vous auriez reçu à votre table un plat de « pasta » avec quelques fruits de mer ou crustacés trop cuits, car maîtriser la cuisson des pâtes et des langoustines demande une attention fine. C’est ici le cas. Et l’on se régale de ce plat sans prétention mais qui ne déçoit pas car parfaitement réalisé.

Un plat à l’image de cette carte qui n’a pas vocation à vous bousculer les papilles. Mais simplement à vous offrir un bon repas dans un cadre chaleureux. L’ambiance générale du Florida, comme du Népita, renvoie aux années 20 et à l’Art déco de l’époque quand ce quartier du 8ème arrondissement était synonyme de fête. Depuis, autour de la Madeleine, on trouve surtout des boutiques de vêtements et les bonnes tables ne sont pas légion. On ne peut donc que se réjouir de l’ouverture de ce restaurant de quartier qui amène un peu de vie au triste boulevard Malesherbes. 

A la carte de Népita, une courte sélection de plats. Parmi les entrées, le crudo de loup, huile de tagètes et radis de pleine terre est frais et gourmand à la fois. Les agnolottis à l’oignon doux et poulpe grillé osent un mariage finalement réussi. On trouve aussi un régressif artichaut à effeuiller et à tremper dans une émulsion de pistache et poivre de Timut pour ceux qui veulent se faire une idée nouvelle d’un plat d’enfance qui a pu en traumatiser plus d’un ! Mais aussi des polpettes de cochon à la sauge et tomme de brebis fondue très gourmands. 

Côté plats, un Saint-Pierre rôti pour deux ou un paillard de volaille, sauce vierge à la rhubarbe qui, lui, ne nous a pas trop convaincu. La viande aplatie était un peu sèche malgré la sauce. Mais on s’est rattrapé avec les desserts qui sont plus créatifs. Les noisettes en textures, gorgées de café, présentées en émulsion cachant un biscuit, sont délicieuses. Tout comme la proposition « tout chocolat » sous forme d’une tartelette gourmande.

Chez Népita, on ne vous promet pas un repas gastronomique de haute volée ou des plats « fusion » jamais vus. Mais pour des tarifs raisonnables (13-16 euros pour les entrées, 24-34 pour les plats) servis dans un décor raffiné, dans un quartier où l’on ne sait jamais vraiment où dîner, ce nouveau resto est une belle option pour un dîner entre amis.