Didon, cuisine au charbon dans la rue du Dragon

La rue du Dragon, dans le 6ème arrondissement de Paris, ne manque pas de souffle. Artère gourmande dans un quartier où les boutiques de vêtements (griffés et hauts de gamme) pullulent, s’y aventurer est l’assurance de trouver une ribambelle de bonnes petites adresses. Celle du restaurant à Paris qui s’est installé, en 2021, au numéro 8, mérite plus que d’autres un arrêt. Il s’agit de Didon, la nouvelle adresse d’un couple d’entrepreneurs de la food (Carole et Imad Kanaan) à qui l’on doit déjà Hébé et Ya Bayté dans le 5ème arrondissement tout proche. 

 

Didon, première reine de Carthage, a donc décidé de défier le dragon parisien en s’installant dans « sa » rue. Une adresse dans laquelle le chef Erik Marchesan, italien d’origine, exprime son amour pour les saveurs de la méditerranée tout en cuisinant « français ». Un chef qui a déjà une belle expérience, étant passé par le George de l’hôtel 5 étoiles Four Seasons Paris avant d’assurer les ouvertures du Brach et du Sinner, deux adresses parisiennes qui comptent sur la scène food branchée. Le chef étoilé Michel Portos, en consultant, a apporté sa vision des choses. Ajoutez à cela la culture « orientale » du propriétaire originaire du Liban, et vous aurez une petite idée de cette cuisine métissée de multiples influences que l’on dépose sur les tables de Didon. 

 

Une cuisine de partage, avec de petites assiettes en entrées qui jouent la carte de la gourmandise. La betterave en trois déclinaisons était délicieuse, tout comme la sèche en tagliatelles recouvertes d’une sauce aux harengs fumés. L’espadon servit en plat, laqué au yuzu, harissa bien pimentée et laitue braisée séduit par sa cuisson impeccable. Et l’on ne peut que vous recommander le plat le plus « cochon » de la carte et d’une gourmandise de dingue : une épaule d’agneau cuite très longtemps à basse température puis grillée dans le four à bois qui est l’âme de cette cuisine et qui accueille pas mal des plats que l’on vous servira. Confite et accompagnée d’une sauce chimichurri à la menthe, c’est une belle pièce servit pour deux, mais on doute que vous arriverez à l’engloutir en entier ! Pas de soucis, on vous proposera naturellement une petite boite pour rapporter les restes à la maison. Et il ne faut surtout pas s’en priver tant la bête est délicieuse, fondante autant que grillée à l’extérieur. Un vrai délice que l’on accompagne au choix de pommes de terre grenailles en triple cuisson (vapeur, huile de tournesol et graisse de bœuf) ou de poireaux à la braise recouverts de mesclun. Les desserts sont aussi très gourmands (comme cette poire en compote, rôtie à l’eau de cédrat recouverte d’un moelleux au chocolat lui-même recouvert d’un sabayon à la liqueur de Saint-Germain) ou originaux (comme avec ce kaki grillé au charbon, kumquat, sorbet yuzu).

 

Dernier point fort de cette petite adresse agencée en duplex (on se presse un peu les uns contre les autres chez Didon, si vous aimez prendre vos aises, il faut mieux le savoir, mais du coup, on discute facilement avec les voisins de table !) : la carte des vins. Elle compte plus d’une centaine de flacons. Mais l’originalité qu’il faut saluer car elle est bien trop rare, c’est que toutes les bouteilles peuvent se déguster… au verre ! Oui, oui, plus d’une centaine de références accessibles au verre. C’est rare. Bien trop rare et cela mérite vraiment que l’on en parle car cela permet de maîtriser le budget alcool qui a toujours tendance à s’envoler et cela permet aussi de déguster plusieurs vins dans la soirée. C’est vraiment le très gros point fort de ce Didon d’où l’on sort en se disant « dit-on, on a passé une belle soirée là ! ».

 

Entrées de 18 à 23 euros, plats de 23 à 37 euros, desserts de 16 à 19 euros. 

 

Didon8, rue du Dragon Paris 6e?me