Public House : un british dream au cœur de Paris

Ah la belle revanche ! Voilà que nos voisins britanniques viennent de prendre une place forte de leurs cousins américains rallumant les feux (de la cuisinière !) de la guerre d’indépendance ! En lieu et place d’une adresse parisienne mythique, le bien nommé American Dream, longtemps choyé pour ses burgers et autres « cochonneries » US dont on se délectait bien avant la mode des burgers premium, c’est un pub anglais qui vient donc d’ouvrir ses portes. Dans la rue Daunou, on passe ainsi de New York à Londres. Et un restaurant parisien qui avait fermé ses portes depuis quelques années renaît de la plus belle des manières.

 

Car l’American Dream, c’était quelque chose. Sur trois étages, on y débitait une junk food savoureuse et on assistait à des spectacles et des shows musicaux depuis le début des années 80. C’est donc un duo de choc qui a été invité pour donner une nouvelle vie au lieu. La décoratrice Laura Gonzalez, d’abord, qui a repensé les trois étages de cet ex-temple de la culture US à Paris. Il fallait frapper fort pour faire oublier les images pop culture « made in USA » et c’est donc une débauche de tissus en Tartan ou Harris Tweed, de bois et de cuir, de cuivre rutilant et de carreaux en céramiques chatoyant façon Charles Rennie Mackintosh qui sont chargés de vous transporter de l’autre côté de la Manche. Sur trois étages et 1000 m2, Laura Gonzalez a dessiné un pub fantasmé et magnifié. A l’American Dream succède donc un « British dream » vraiment séduisant nouveau resto de Paris !

 

On aime les assises confortables. Les différentes atmosphères : colonial revival à l’étage, club privé au sous-sol. Le vert anglais en petite touche et les lumières chaudes donnant un air convivial au lieu font du Public House un endroit que l’on adopte en un clin d’œil. Le pub du coin de la rue dont Paris rêvait. Une proposition inédite plus que bienvenue dans ce quartier, entre la Madeleine et l’Opéra, où les restaurants sympathiques servant de refuge à toute heure de la journée, 7 jours sur 7, qu’il pleuve ou qu’il fasse canicule, ne sont pas légions. Bref, côté déco, c’est du sur mesure façon tailleur de Savile Row du plus bel effet !

 

Mais dans un pub, si l’on vient boire une bière à la pression ou un spiritueux (ici un bar à gin et whisky propose de merveilleux cocktails) et rencontrer des amis, il faut aussi pouvoir se sustenter. C’est donc à Calum Franklin qu’a été confié le challenge de proposer aux parisiens une cuisine anglaise souvent mal renommée. Si Calum Franklin n’est pas aussi célèbre que ses confrères Jamie Oliver ou Gordon Ramsay, c’est une vedette de l’autre côté de la Manche où il est connu comme étant le roi des tourtes (the pie king en VO). Il signe ici une carte de brasserie à l’anglaise vraiment dépaysante pour un français. Les plats vedettes étant les fameuses tourtes, hyper graphiques et généreuses qui cartonnent sur les réseaux sociaux. On en trouve une version végétarienne, une au poulet et une autre au bœuf mijoté à la Guinness. Nous avons testé celle au homard qui est proposée pour deux personnes. Elle arrive impressionnante, la carapace de la bestiole émergeant sous une coulée de pâte dorée. C’est assez spectaculaire. Et c’est plutôt très bon même si, au final, on cherche un peu les morceaux de homards cachés, ici et là, entre du fenouil et des pommes de terre. Pour un tarif de 69euros, on aurait aimé un peu plus de crustacé mais cette tourte étonnante n’en reste pas moins délicieuse. Et tellement photogénique !

 

Autre vedette de la carte, le fish and chips qu’il faut commander tôt dans la soirée car le stock n’est pas illimité. Une très bonne saucisse purée est aussi proposée avec une sauce à la Guinness bienvenue. Pour les entrées, on se fait plaisir et on picore. Un très gourmand scotch egg francisé puisqu’il utilise du boudin noir du réputé Eric Ospital est vraiment délicieux. Le saumon d’Écosse mariné au gin et betterave, tout comme les croustillants de tête de cochon ne déçoivent pas même si les portions sont étonnamment petites. Les prix sont raisonnables (comptez entre 9 et 18 euros pour les entrées) mais il faut plusieurs assiettes pour constituer une entame de repas digne de ce nom. Côté desserts, là aussi les grands classiques de la cuisine anglais : Sticky toffee pudding, sundae ou trifle à la pomme et au gingembre… gourmands comme ceux d’une tatie anglaise. 

 

Au final, ce Public House est très séduisant. Il a tout du lieu où rencontrer des amis, en grande tablée pour une soirée débridée et bien arrosée, complétée de plats vraiment gourmands et délurés. Il ne manque plus que la patine des ans qui donne aux vrais pubs anglais leur charme unique. Et quelques tournois de foot ou de rugby à la télé pour booster l’ambiance de la salle. En tout cas, les nostalgiques de la culture US de l’American Dream peuvent facilement noyer leur chagrin dans une pinte car ce Public House apporte un rayon de soleil à un quartier que l’on avait perdu de vue pour les sorties entre amis !

 

Public House

21 rue Daunou

75002 Paris

www.publichouseparis.fr