


Since 1938
L’établissement historique du 8e arrondissement, fermé depuis une vingtaine d’années, revient après trois ans de travaux, caché dans une petite impasse le long des Champs-Élysées. Spoiler : le Doobie’s s’impose déjà comme l’adresse intimiste qui promet d’accueillir nos plus belles soirées.
Une fois les portes coulissantes passées, on quitte le hall pour entrer dans le restaurant où les enceintes, qui diffusent du R’n’B, de la house et de la pop des années 1980 à 2000, mettent l’ambiance dès l’entrée. Le lieu se veut festif et convivial, les tables sont proches, de quoi impulser des rencontres fortuites.
Les 4 visages du Doobie’s
Restaurant, bar, et bar dansant si l’envie nous prend : le Doobie’s se démarque surtout par sa rotonde centrale à quatre visages. C’est autour d’elle que s’organisent les différents espaces. À la manière d’un appartement, les pièces changent d’énergie et se complètent. La cuisine ouverte se métamorphose en jardin d’hiver, où les repas se prennent sous une verrière. Le grand salon prend ensuite le relais, chaleureux avec sa moquette à motifs et ses sièges en velours.
Petite surprise : c’est derrière le boudoir, privatisable, que se cache l’accès au « coin câlin ». Un coin instagrammable où trône le fauteuil imprimé face au lion d’Iran (clin d’œil aux origines de l’architecte Arnaud Behzadi), pour un temps privilégié, à l’abri des regards, derrière le rideau.
Enfin, le bar de nuit transporte comme dans un salon privé new-yorkais, où marbre, laque et boiseries précieuses cohabitent. L’élément maître de la pièce reste les platines, où un DJ prendra la main plus tard dans la soirée.
On pense à une maison de collectionneur, à l’image d’un appartement d’Yves Saint Laurent où l’élégance se lirait entre archives et œuvres d’art (notamment une collection de peintures et de sculptures réalisée avec la Galerie Strouk).
Les toilettes, elles, prennent la forme de thermes romains. Le détail qui tue : des rouges à lèvres, irrésistiblement rouges, sont mis à disposition des dames.
Et parce que « le diable se trouve dans les détails », rien n’est laissé au hasard. Jusqu’à la tenue du personnel, dont l’uniforme est siglé Drôles de Messieurs : les femmes portent une bague-foulard, les messieurs une veste brodée sur la manche. Même la forme losange de la clé du vestiaire a donné naissance au logo de l’établissement, rappelé jusque sur les menus.
Et l’assiette, dans tout ça ?
C’est souvent dans ce genre d’adresse à l’esthétique aussi léchée que l’assiette se retrouve délaissée. Ici, elle est attendue au tournant et tient son rang, dirigée par le chef David Mantilla.
Côté cocktails, les classiques cèdent leur place à une sélection maison : le Divine (pisco, liqueur de vanille, abricot, citron vert et bitter cacao) ou le Velours (calvados et vin rouge), pour les envies d’amertume.
À table, des assiettes à partager autour du bœuf fumé, de l’anchois ou des pimientos. Une sélection d’entrées rythmée par les salades, tantôt artichaut cru tantôt lentilles, ou par une omelette à l’oursin.
Viande rouge ou poisson ? Côté plats, le choix se joue entre le persillé de bœuf Black Angus et les côtelettes d’agneau marinées aux épices, le risotto restant la seule option végétarienne. Vient ensuite le choix de la garniture : les purées, pomme de terre ou patate douce, passées au tamis pour une texture particulièrement douce et légère, sont vivement recommandées.
En dessert, difficile de résister au pain perdu aux fruits rouges, ultra moelleux, ou au cheesecake noix de pécan et caramel au beurre salé.
Les prix :
- Entrées, prix à partir de 12 euros
- Plats, prix à partir de 19 euros
- Desserts, prix à partir de 10 euros